3 leviers critiques pour attirer les investissements étrangers et accélérer le plan de relance économique et sociale
Au cœur de la nouvelle trajectoire de financement du Sénégal se trouve une stratégie large basée sur trois leviers clés : l’investissement, l’autonomisation numérique et la sécurité alimentaire. Ces dynamiques reflètent une vision globale : réunir financement, innovation technologique et transition écologique pour favoriser un développement durable et souverain.
Le Forum Invest in Senegal 2025 a posé les bases de cette opportunité. Organisé les 7 et 8 octobre au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, l’événement a rassemblé plus de 11 700 participants venus d’environ 70 pays. Sous le thème « Relier les opportunités, construire l’avenir », cela a marqué un tournant dans la diplomatie économique du pays. À sa clôture, 23,5 milliards de dollars d’engagements d’investissement ont été annoncés via 51 accords couvrant les secteurs stratégiques de l’agriculture, de l’énergie, des infrastructures et des services numériques.

Dans son discours d’ouverture, le président Bassirou Diomaye Faye a déclaré : « Le Sénégal offre un marché en croissance au sein de la zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), soutenu par un environnement juridique en cours de modernisation et de réforme. Nous sommes prêts à vous accueillir et à faciliter votre création et votre succès. » Cette déclaration souligne non seulement l’intention du Sénégal d’attirer des investisseurs et des capitaux étrangers, mais aussi de construire un environnement juridique favorable pour garantir leur impact durable.
Parmi les engagements annoncés, la Société financière internationale (IFC) et la Banque mondiale ont conjointement confirmé 160 millions de dollars d’investissements à long terme pour soutenir des priorités nationales, notamment l’extension de l’assurance agricole à 200 000 agriculteurs, dont 30 % sont des femmes, la numérisation des subventions agricoles et la création d’infrastructures sanitaires pour 600 000 personnes. Les mécanismes de financement islamique pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises dirigées par des femmes ont également été mis en avant, avec la perspective de 7 000 emplois créés.
En marge du forum, l’annonce par l’Arabie saoudite d’un engagement de 2 milliards de dollars envers le Sénégal a confirmé l’intérêt international pour ses secteurs stratégiques, en particulier l’énergie. Cependant, au-delà des montants en jeu, les discours officiels ont souligné la nature des investissements : le Sénégal ne souhaite plus être simplement une destination, mais un catalyseur de transformation structurelle grâce à l’énergie propre, à l’agriculture durable et à la souveraineté numérique.
Bien que le forum ait contribué à mobiliser des capitaux, le Nouvel Accord Technologique, lancé par la présidente Faye, définit la feuille de route numérique du pays. Avec un budget de 1 105 000 milliards de francs CFA (environ 1,7 milliard de dollars), dont 950 milliards déjà inclus dans le budget national, le plan s’étend jusqu’en 2034. Il vise à placer le Sénégal à l’avant-garde de la transformation numérique en Afrique.
Le New Deal comprend la construction d’infrastructures souveraines (centres de données, cybersécurité), la numérisation des services publics, l’identification numérique biométrique et le soutien à l’innovation locale.
Cette ambition numérique est également combinée aux infrastructures existantes dans le domaine des énergies renouvelables. Le Sénégal compte actuellement six centrales photovoltaïques et thermiques, dont celles de Kaël et Kahone (60 MW), Santhiou Mekhe (30 MW), Diass (23 MW), Malicounda (22 MW), Cheikh Anta Diop ou Ten Merina (30 MW), et Bokhol, les premières à être opérationnelles à 2015. Le pays possède également un parc éolien, Taiba Ndiaye, d’une capacité totale de 157,8 MW. De plus, il convient de noter que de futurs projets et développements sont également prévus d’ici 2026, comme le projet de 26 centrales solaires financé par la Banque africaine de développement (BAD) dans plusieurs régions du pays. Ces faits prouvent que l’énergie propre n’est pas une perspective lointaine, mais un élément actif du mix énergétique national.
Pour compléter cet élan, le Forum africain sur les systèmes alimentaires 2025 a offert une opportunité de relier les questions agricoles, nutritionnelles et climatiques. Sous le thème « Jeunesse africaine : à la tête de la collaboration, de l’innovation et de la mise en œuvre de la transformation des systèmes agroalimentaires », l’événement a réuni plus de 6 000 participants venus de 113 pays. Les discussions se sont concentrées sur le financement des chaînes de valeur durables, l’intégration des technologies numériques et le rôle central des jeunes et des femmes dans la transformation des systèmes alimentaires.

À travers ces trois événements clés — le Forum Invest in Senegal 2025, le New Tech Deal et le Food Systems Forum — le gouvernement sénégalais construit une stratégie cohérente axée sur l’innovation, les partenariats et la résilience climatique. L’ambition va au-delà de l’attraction du capital : il s’agit de la transformation productive, souveraine et inclusive du pays.
Le succès de cette trajectoire dépendra désormais de la capacité à traduire les promesses en résultats concrets : infrastructures durables, véritable inclusion numérique et bénéfices pour toutes les communautés. Entre capital et connectivité, le pari sénégalais repose désormais sur un modèle où les partenariats stratégiques deviennent les leviers d’un développement équitable, vert et souverain.






