L’une des discussions les plus suivies de la COP16 a porté sur les contributions des entreprises à la biodiversité.
Des secteurs tels que les produits pharmaceutiques, la biotechnologie et l’agriculture – des industries qui tirent profit des ressources de la biodiversité – étaient sous pression pour contribuer financièrement à la conservation. La COP16 a mis en place un cadre « volontaire » suggérant, sans toutefois l’exiger, que ces entreprises paient 1 milliard de dollars par an pour l’utilisation des données génétiques.
Ce cadre n’était pas à la hauteur d’une action obligatoire, laissant de nombreux délégués et défenseurs déçus.
Le secteur des entreprises, mené par les poids lourds de l’industrie pharmaceutique et de la biotechnologie, a fait pression pour que les obligations de paiement restent volontaires.
Initialement, le projet comprenait une disposition obligeant les entreprises à prouver qu’elles n’utilisaient pas de données génétiques si elles souhaitaient se désinscrire. Cette clause a toutefois été supprimée, ce qui a affaibli davantage l’impact de l’accord. À l’heure actuelle, les entreprises peuvent contribuer ou simplement refuser sans encourir de pénalités.
Selon les données partagées lors de la COP16, l’industrie pharmaceutique à elle seule a atteint un marché de 1,5 billion de dollars, un chiffre qui devrait atteindre 2,3 billions de dollars d’ici 2030. Martin Harper, de Birdlife International, a critiqué cette configuration : « Les secteurs qui dépendent des ressources doivent contribuer à la conservation. Les entreprises pharmaceutiques profitent des ressources de la biodiversité sans rien payer pour sa préservation. Ce cadre est insuffisant.
La Norvège et l’Australie ont mené les efforts visant à renforcer ces engagements, en proposant un fonds distinct (le « Fonds Cali ») pour garantir qu’au moins 50 % des contributions des entreprises aillent directement aux communautés autochtones et locales. La proposition de la Norvège, bien que bien intentionnée, s’est heurtée à la résistance de l’UE, du Canada et de la Chine, qui ont adopté une approche volontaire, creusant le fossé entre les pays développés et les pays en développement sur le financement de la biodiversité.
Pour les communautés autochtones qui dépendent des ressources de biodiversité, la nature volontaire des contributions des entreprises souligne un manque d’engagement. « Nos ressources sont notre gagne-pain, mais les entreprises peuvent en tirer profit sans rendre de comptes », a fait remarquer un représentant autochtone.
Le cadre volontaire de la COP16 laisse beaucoup à désirer, car il accorde une marge de manœuvre à de puissantes entreprises alors que les communautés qui protègent ces ressources restent sous-financées.
La participation volontaire est-elle le meilleur moyen d’assurer la responsabilisation des entreprises ? Beaucoup soutiennent que ce n’est pas le cas. Sans contributions obligatoires, les entreprises ne sont pas réellement incitées à financer la biodiversité.
Les écologistes ont observé que la COP16 a démontré que la volonté du secteur privé de soutenir la conservation de la biodiversité reste discutable et qu’un cadre obligatoire pourrait être le seul moyen de garantir que les industries bénéficiant de la nature contribuent à sa préservation.






